Les esquimautages groenlandais 

Innaqatsineq que l’on pourrait traduire par "s’allonger un petit peu sur le
coté " permettait d’interrompre une chute en prenant un appui latéral. Ce qui
est particulièrement utile quand les vagues frappent l’embarcation par le travers.

Kinnguffik paarlallugu (chavirer d’un côté et se rétablir de l’autre) permettait
de faire face à la plupart des situations, et reste l’esquimautage le plus répandu.
Parfois des circonstances particulières nécessitaient l’utilisation d’une technique
spécifique. Certaines régions de la côte ouest du Groenland sont connues pour
leurs violentes tempêtes. Celles-ci pouvaient surprendre le chasseur en pleine mer.
Siukkut pallortillugu (se pencher en avant sur le pont du kayak) permettait
alors de se rétablir en offrant le moins de prise au
vent possible.
Pour se diriger lors d’un surf la pagaie
servait de gouvernail, mais cette
technique ne suffisait pas toujours pour
maîtriser une embarcation devenue volage
sous l’effet de l’accélération sur la vague.
Kingumut Naatillugu (tenir la pagaie
vers l’arrière) permettait alors un
rétablissement grâce à un
mouvement de fouetté  inverse à
la normale, mais bien à propos
dans ce genre de situation.

Parfois encore la violence du
lancer de harpon pouvait déséquilibrer
le chasseur qui devait alors se rétablir avec l’aide du seul propulseur (Norsaq).
Chacun de ces gestes devait pouvoir être exécuté à droite comme à gauche, la nature
ne laissant malheureusement pas le choix d’un coté préférentiel au kayakiste.
Une quarantaine d’esquimautages ont été retrouvés et sont aujourd’hui
pratiqués lors des manifestations sportives Inuit. Bien sûr, les groenlandais ne
chassent plus en Kayak de nos jours, mais ces gestes demeurent sans équivalent
pour rétablir rapidement une telle embarcation.
C’est grâce au travail d’ethnologues comme Paul Émile Victor, ou d’historiens tels John Heath aux états-Unis, mais grâce aussi aux nombreuses associations de kayak traditionnels que ces techniques nous parviennent aujourd’hui. Depuis quelques années, les groenlandais font revivre avec fierté cette culture que la modernité avait occultée.  Maligiaq Padilla, jeune virtuose du Kayak groenlandais, en est son représentant le plus illustre. Sa notoriété au Groenland lui vaut d’être considéré comme un Zidane chez nous ; c’est dire !
AUTRES FORMES D’ESQUIMAUTAGE
ACCUEILAccueil_1.html
LES TECHNIQUES EN DÉTAILAccueil_1.html